mercredi 15 mai 2013

Dieu nécessaire à l'homme et à la société




n ne fonde pas une société sur la négation de Dieu, c'est-à-dire sur le néant. Toute croyance sincère, même peu éclairée, est une source d'ardeur généreuse, de dévouement et de courage... Celui qui n'attend rien que de la terre est voué fatalement à cet égoïsme étroit, signe de la décadence des peuples, principe de haine et de désordre. La Religion avec ses enseignements est nécessaire pour guider l'homme dans la voie droite ; sans elle il ne pourra résister aux faiblesses de sa nature et aux embûches du monde ; mais, en parlant seulement au point de vue humain, il ne suffit pas de lui apprendre à bien user de son esprit, il faut aussi lui apprendre à régler ses passions et à former sa volonté, il faut embrasser également toutes ses facultés dans les préceptes qu'on lui donne ; en négliger quelqu'une, c'est négliger une partie de sa nature, c'est le laisser incomplet. Il n'a pas trop de tous ses moyens pour arriver à la fin qu'il doit se proposer, le Bien suprême, Dieu Lui-même. Puisqu'il est à la fois pensée, passion et volonté, il importe que la morale qu'on lui trace ait pour objet de cultiver en lui, avec un soin égal, l'âme, le cœur et le caractère. C'est là qu'en doit venir toute éducation et toute constitution politique qui veut être utile et vraie.

mardi 14 mai 2013

L'Église est Sainte car Jésus-Christ est la Sainteté incarnée





n voit des personnes qui donnent pour raison de leur éloignement de la Religion Catholique les fautes de tel ou tel chrétien ou l'ambition de certains papes dans l'histoire. Ils perdent de vue que Jésus-Christ, en fondant son Église, n'a pas promis que tous les membres en seraient irréprochables. Il a dit seulement que Lui-même et son enseignement seraient là, dans cette Église, comme jadis Il se tenait au milieu de ses apôtres (qui ne furent pas toujours, dans l'Évangile, exemplaires), et c'est uniquement là que la vraie doctrine sur Dieu et l'homme s'est maintenue invariable. Le flambeau de la foi n'est pas semblable à ces feux terrestres qui s'affaiblissent et s'éteignent dans les lieux privés d'un air pur : la lumière évangélique a conservé tout son éclat au milieu de la corruption, dans les mains des pontifes indignes comme dans celles des plus saints.

lundi 13 mai 2013

Les Hiboux





Sous les ifs noirs qui les abritent
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur œil . Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront,
Jusqu'à l'heure mélancolique
Où; poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s'établiront.

Leur attitude au sage enseigne
Qu'il faut en ce monde qu'il craigne
le tumulte et le mouvement ;

L'homme ivre d'une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D'avoir voulu changer de place.

Charles Baudelaire

samedi 11 mai 2013

Restauration par la famille




La famille aujourd'hui c'est tout ce qui nous reste
Pour fermer de nos maux la blessure funeste.
Ce n'est point par l'épée que nos enfants vaincront,
Mais par le signe auguste imprimé sur leur front.
Faites-nous des sauveurs et non des tueurs d'hommes ;
Donnez-nous ce qui manque à l'époque où nous sommes,
Des chastes et des forts et de vaillants esprits
Sachant devant l'athée acclamer Jésus-Christ.
Donnez-nous des lutteurs retenant à distance
Tous ces efféminés, fruit de la décadence,
Et ravivant partout les mâles souvenirs
Que des monts vénérés nous envoient des martyrs ;
La France alors, rendue à sa verdeur première,
Échappant à la nuit, marchant à la lumière,
Pour l'élever au ciel, où sont ses vrais destins,
Comme autrefois Monique, aura ses Augustins.
Sortez d'ici, bons fils, bons parent et bons frères,
Amis des plaisirs purs, des croyances sévères ;
Dans l'Église et l'État gardez votre unité,
Bon citoyens du temps et de l'éternité.
De la Sainte-Famille adoptions les trois fêtes,
Ces trois haltes pour vous et le bien que vous faites,
De Marie à Joseph, de Joseph à Jésus,
Vous mènent par étape au séjour des élus. 

M. Claudius Hébrard

mercredi 8 mai 2013

Dilemme





Vraiment c'est incroyable (et c'est bien affligeant) !
Comme le cœur se perd dans notre siècle, et comme
Nous avons pris pour Dieu la matière et l'argent !
Je m'en rapporte à vous, combien de fois en somme
Vous a-t-on dit, mon cher, que quelqu'un était bon ;
En revanche combien de fois qu'il était riche ?
Vante-t-on la vertu ? vous savez bien que non !
La fortune, voilà, partout, ce qu'on affiche.
Je voudrais être un peu moins misanthrope, mais
J'entends autour de moi : beau cheval ! belle femme !
C'est-à-dire beau corps ! jamais, au grand jamais,
Je n'entends ces deux mots, si doux pourtant : belle âme !
Ce dilemme dès lors ne peut être évité ;
Il s'impose implacable, absolu, nécessaire :
Ou nous ne savons plus comprendre la bonté,
Ou bien nous n'avons plus d'âmes bonnes sur terre.

Paul COLLIN

mardi 23 avril 2013

Prière de pèlerin





Dieu qui avez conduit l'exode de votre peuple, le jour par la colonne de brumes, la nuit par la colonne de feu, guidez chacun de mes pas, afin que je marche, sans égarement ni retard, dans la bonne route. Seigneur, qui par l'intermédiaire de l'ange Raphaël avez conduit le jeune Tobie vers un but salutaire, faites que ce pèlerinage, entrepris pour votre gloire, profite à la santé de mon corps et à l'équilibre de mon âme. Ô Vous qui avez accompagné et protégé la Sainte Famille lorsqu'elle fuyait la rage du tyran et la chasse des mercenaires, permettez-moi d'échapper à la poursuite folle des passions, aux embuscades du péché et à la haine de celui qui rôde, comme un lion cherchant sa proie.

Ô Jésus, soyez mon compagnon de chemin, comme vous fûtes celui des Apôtres, des Disciples, des Saintes Femmes. Enseignez-moi, éduquez-moi au cours de ces étapes, de sorte qu'elles me soient une retraite et une préparation à l'accomplissement de vos œuvres. Comme à la Samaritaine que vous avez rencontrée au bord du puits, révélez-moi les sources vives, dont l'eau calme à jamais les soifs de certitude et de béatitude.

Esprit-Saint, qui avez porté les prophètes par les déserts de sable ou les étendues maritimes, soufflez sur mes yeux afin qu'ils sachent voir partout, en toute créature, la Sainte Trinité, sur ma bouche, afin qu'elle ne dise et ne chante que la Vérité qui délivre. Ouvrez mon cœur à la beauté du monde, à la splendeur joyeuse des formes sensibles, pour que toutes mes rencontres soient autant de louanges à Dieu et d'occasions d'amour, toutes les créatures autant d'échelles vers le Créateur.

Notre-Dame des Chemins, saints patrons de la route, mon ange gardien, écartez de moi tous les périls. Par-dessus tout, que la volonté de Dieu s'accomplisse, même si elle paraît à mon désavantage corporel. Sous l'ombre de vos ailes, ô mon Dieu, et de votre amour, je me mets en route.

Prière de pèlerin

dimanche 14 avril 2013

Seigneur Jésus, maître de la Route




Seigneur Jésus, qui m'avez établi en marche vers le Ciel,
Faites que la route, toujours à notre porte,
Soit une invite continuelle à servir.
Que son grand air et ses difficultés
Servent à la santé de mon corps,
Comme à l'équilibre de mon âme.
Qu'elle m'enseigne à prendre le temps comme il vient,
Les gens comme ils sont,
Et le Bon Dieu comme Il veut.
Que sa longueur m'apprenne
Le jusqu'au bout des vies qui valent la peine d'être vécues.
Que ses carrefours me soient occasion de choisir,
A l'ombre des calvaires,
Ce qui est loyauté vraie, et vie abondante.
Je vous le demande, Seigneur,
A Vous qui êtes la Route,
La Vérite et la Vie.
 
Amen.

Prière de routier

samedi 13 avril 2013

Marie, guidez nos pas !





Mère, qui guidiez nos premiers pas d'enfants,
Voici notre départ sur les chemins des hommes,
Déjà nos pieds sont criblés d'épines, attendant la douceur de votre main de femme.
Déjà nos voies se croisent incertaines, appelant dans la nuit l'étoile de Bethléem,
Splendides et terribles seront nos lendemains,
Fleurissez nos sentiers de force et de tendresse,
Ô Notre Dame de la route pour qu'ils nous mènent à Dieu et rien qu'à Lui.

Prière de routier

vendredi 12 avril 2013

Terre natale




Voilà le banc rustique où s'asseyait mon père,
La salle où résonnait sa voix mâle et sévère
Quand les pasteurs, assis sur leurs socs renversés
Lui comptaient les sillons pour chaque heure tracés...
Voilà la place vide où ma mère à toute heure,
Au plus léger soupir sortait de sa demeure,
Et, nous faisant porter ou la laine ou le pain,
Vêtissait l'indigence ou nourrissait la faim...
Voici l'étroit sentier où, quand l'airain sonore
Dans le temple lointain vibrait avec l'aurore,
Nous montions sur sa trace à l'autel du Seigneur
Offrir deux purs encens, innocence et bonheur !
Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme,
Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les près, dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone,
Et le mur au soleil où, dans les jours d'autone,
Je venais, sur la pierre assis près des vieillards,
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards...
Mais, hélas ! l'heure baisse et va s'évanouir !
La vie a dispersé, comme l'épi sur l'aire,
Loin du champs paternel les enfants et la mère, 
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts
D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers !







Bientôt peut-être... Écarte, ô mon Dieu, ce présage !
Bientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux,
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après !
Ne permets pas, Seigneur, ce deuil et cet outrage !
Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage
Passe de main en main traqué contre un vil prix,
Comme le toit du vice ou le champ des proscrits !
Qu'un avide étranger vienne d'un pied superbe
Fouler l'humble sillon de nos berceaux sur l'herbe,
Dépouiller l'orphelin, grossir, compter son or
Aux lieux où l'indigence avait seule un trésor,
Et blasphémer ton nom sous ces mêmes portiques
Où ma mère à nos voix enseignait tes cantiques !

Lamartine

vendredi 5 avril 2013

Unité de l'Église autour du Pape



nie au dedans par le Saint-Esprit, l'Église a encore un lien commun de sa communion extérieure, et doit demeurer unie par un gouvernement où l'autorité de Jésus-Christ soit représentée ; ainsi l'unité garde l'unité, et, sous le sceau du gouvernement ecclésiastique, l'unité de l'esprit est conservée. Quel est ce gouvernement ? quelle en est la forme ?

     Nous trouvons dans l'Évangile que Jésus-Christ, voulant commencer le mystère de l'unité dans son Église, parmi tous ses disciples en choisit douze, mais que, voulant consommer le mystère de l'unité dans la même Église, parmi les douze il en choisit un, Simon qu'on appelle Pierre, qui est le premier, qui est mis à la tête et qui pour cette raison est appelé du nom de Pierre, « que Jésus-Christ, dit S. Marc, lui avait donné pour préparer l'ouvrage qu'il méditait d'élever sur cette pierre. »

     Mais, ceci n'est encore qu'un commencement du mystère de l'unité. Jésus-Christ, en le commençant, parlait encore à plusieurs : « Allez, prêchez, je vous envoie. » Mais ensuite il désigne Pierre personnellement et par le nouveau nom qu'il lui a donné. C'est un seul qui parle à un seul ; Jésus-Christ, fils de Dieu, à Simon fils de Jonas ; Jésus-Christ qui est la vraie pierre, si fort par lui-même, à Simon qui n'est pierre que par la force que Jésus-Christ lui communique. « Et moi, dit-il, je te dis à toi : tu es Pierre, et sur cette pierre j'établirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » Pour le préparer à cet honneur, Jésus-Christ, qui sait que la foi qu'on a en lui est le fondement de son Église, inspire à Pierre une foi digne d'être le fondement de cet admirable édifice : « Vous êtes le Christ fils du Dieu vivant, » répond Pierre. La parole de Jésus-Christ, qui de rien fait ce qu'il lui plaît, donne cette force à un mortel. Qu'on ne dise pas, qu'on ne pense pas que ce ministère de S. Pierre finisse avec lui ; ce qui doit servir de soutient à une Église éternelle ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs, Pierre parlera toujours dans sa chaire.

Bossuet






Fidélité inconditionnelle et obéissance absolue au Souverain Pontife !