mardi 23 avril 2013

Prière de pèlerin





Dieu qui avez conduit l'exode de votre peuple, le jour par la colonne de brumes, la nuit par la colonne de feu, guidez chacun de mes pas, afin que je marche, sans égarement ni retard, dans la bonne route. Seigneur, qui par l'intermédiaire de l'ange Raphaël avez conduit le jeune Tobie vers un but salutaire, faites que ce pèlerinage, entrepris pour votre gloire, profite à la santé de mon corps et à l'équilibre de mon âme. Ô Vous qui avez accompagné et protégé la Sainte Famille lorsqu'elle fuyait la rage du tyran et la chasse des mercenaires, permettez-moi d'échapper à la poursuite folle des passions, aux embuscades du péché et à la haine de celui qui rôde, comme un lion cherchant sa proie.

Ô Jésus, soyez mon compagnon de chemin, comme vous fûtes celui des Apôtres, des Disciples, des Saintes Femmes. Enseignez-moi, éduquez-moi au cours de ces étapes, de sorte qu'elles me soient une retraite et une préparation à l'accomplissement de vos œuvres. Comme à la Samaritaine que vous avez rencontrée au bord du puits, révélez-moi les sources vives, dont l'eau calme à jamais les soifs de certitude et de béatitude.

Esprit-Saint, qui avez porté les prophètes par les déserts de sable ou les étendues maritimes, soufflez sur mes yeux afin qu'ils sachent voir partout, en toute créature, la Sainte Trinité, sur ma bouche, afin qu'elle ne dise et ne chante que la Vérité qui délivre. Ouvrez mon cœur à la beauté du monde, à la splendeur joyeuse des formes sensibles, pour que toutes mes rencontres soient autant de louanges à Dieu et d'occasions d'amour, toutes les créatures autant d'échelles vers le Créateur.

Notre-Dame des Chemins, saints patrons de la route, mon ange gardien, écartez de moi tous les périls. Par-dessus tout, que la volonté de Dieu s'accomplisse, même si elle paraît à mon désavantage corporel. Sous l'ombre de vos ailes, ô mon Dieu, et de votre amour, je me mets en route.

Prière de pèlerin

dimanche 14 avril 2013

Seigneur Jésus, maître de la Route




Seigneur Jésus, qui m'avez établi en marche vers le Ciel,
Faites que la route, toujours à notre porte,
Soit une invite continuelle à servir.
Que son grand air et ses difficultés
Servent à la santé de mon corps,
Comme à l'équilibre de mon âme.
Qu'elle m'enseigne à prendre le temps comme il vient,
Les gens comme ils sont,
Et le Bon Dieu comme Il veut.
Que sa longueur m'apprenne
Le jusqu'au bout des vies qui valent la peine d'être vécues.
Que ses carrefours me soient occasion de choisir,
A l'ombre des calvaires,
Ce qui est loyauté vraie, et vie abondante.
Je vous le demande, Seigneur,
A Vous qui êtes la Route,
La Vérite et la Vie.
 
Amen.

Prière de routier

samedi 13 avril 2013

Marie, guidez nos pas !





Mère, qui guidiez nos premiers pas d'enfants,
Voici notre départ sur les chemins des hommes,
Déjà nos pieds sont criblés d'épines, attendant la douceur de votre main de femme.
Déjà nos voies se croisent incertaines, appelant dans la nuit l'étoile de Bethléem,
Splendides et terribles seront nos lendemains,
Fleurissez nos sentiers de force et de tendresse,
Ô Notre Dame de la route pour qu'ils nous mènent à Dieu et rien qu'à Lui.

Prière de routier

vendredi 12 avril 2013

Terre natale




Voilà le banc rustique où s'asseyait mon père,
La salle où résonnait sa voix mâle et sévère
Quand les pasteurs, assis sur leurs socs renversés
Lui comptaient les sillons pour chaque heure tracés...
Voilà la place vide où ma mère à toute heure,
Au plus léger soupir sortait de sa demeure,
Et, nous faisant porter ou la laine ou le pain,
Vêtissait l'indigence ou nourrissait la faim...
Voici l'étroit sentier où, quand l'airain sonore
Dans le temple lointain vibrait avec l'aurore,
Nous montions sur sa trace à l'autel du Seigneur
Offrir deux purs encens, innocence et bonheur !
Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme,
Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les près, dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone,
Et le mur au soleil où, dans les jours d'autone,
Je venais, sur la pierre assis près des vieillards,
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards...
Mais, hélas ! l'heure baisse et va s'évanouir !
La vie a dispersé, comme l'épi sur l'aire,
Loin du champs paternel les enfants et la mère, 
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts
D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers !







Bientôt peut-être... Écarte, ô mon Dieu, ce présage !
Bientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux,
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après !
Ne permets pas, Seigneur, ce deuil et cet outrage !
Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage
Passe de main en main traqué contre un vil prix,
Comme le toit du vice ou le champ des proscrits !
Qu'un avide étranger vienne d'un pied superbe
Fouler l'humble sillon de nos berceaux sur l'herbe,
Dépouiller l'orphelin, grossir, compter son or
Aux lieux où l'indigence avait seule un trésor,
Et blasphémer ton nom sous ces mêmes portiques
Où ma mère à nos voix enseignait tes cantiques !

Lamartine

vendredi 5 avril 2013

Unité de l'Église autour du Pape



nie au dedans par le Saint-Esprit, l'Église a encore un lien commun de sa communion extérieure, et doit demeurer unie par un gouvernement où l'autorité de Jésus-Christ soit représentée ; ainsi l'unité garde l'unité, et, sous le sceau du gouvernement ecclésiastique, l'unité de l'esprit est conservée. Quel est ce gouvernement ? quelle en est la forme ?

     Nous trouvons dans l'Évangile que Jésus-Christ, voulant commencer le mystère de l'unité dans son Église, parmi tous ses disciples en choisit douze, mais que, voulant consommer le mystère de l'unité dans la même Église, parmi les douze il en choisit un, Simon qu'on appelle Pierre, qui est le premier, qui est mis à la tête et qui pour cette raison est appelé du nom de Pierre, « que Jésus-Christ, dit S. Marc, lui avait donné pour préparer l'ouvrage qu'il méditait d'élever sur cette pierre. »

     Mais, ceci n'est encore qu'un commencement du mystère de l'unité. Jésus-Christ, en le commençant, parlait encore à plusieurs : « Allez, prêchez, je vous envoie. » Mais ensuite il désigne Pierre personnellement et par le nouveau nom qu'il lui a donné. C'est un seul qui parle à un seul ; Jésus-Christ, fils de Dieu, à Simon fils de Jonas ; Jésus-Christ qui est la vraie pierre, si fort par lui-même, à Simon qui n'est pierre que par la force que Jésus-Christ lui communique. « Et moi, dit-il, je te dis à toi : tu es Pierre, et sur cette pierre j'établirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » Pour le préparer à cet honneur, Jésus-Christ, qui sait que la foi qu'on a en lui est le fondement de son Église, inspire à Pierre une foi digne d'être le fondement de cet admirable édifice : « Vous êtes le Christ fils du Dieu vivant, » répond Pierre. La parole de Jésus-Christ, qui de rien fait ce qu'il lui plaît, donne cette force à un mortel. Qu'on ne dise pas, qu'on ne pense pas que ce ministère de S. Pierre finisse avec lui ; ce qui doit servir de soutient à une Église éternelle ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs, Pierre parlera toujours dans sa chaire.

Bossuet






Fidélité inconditionnelle et obéissance absolue au Souverain Pontife !

vendredi 15 mars 2013

O sol salutis, intimis...




O Soleil de salut, ô Jésus !
Brillez à l'intime de nos cœurs,
Tandis que chassant la nuit, plus gracieux,
Renaît le jour à notre monde.

Nous donnant un temps de faveur,
Donnez-nous des ruisseaux de larmes,
Pour laver l'hostie du cœur,
Que brûle une joyeuse charité.

De la source d'où coula le crime,
Ils couleront éternels, les pleurs,
Si la verge de pénitence,
De notre cœur, broie la dureté.

Le jour viendra, votre jour à Vous,
Dans lequel tout reverdira.
Que sa joie soit nôtre, au chemin
Où nous a ramenés votre droite.

Qu'inclinée, la machine du monde
Vous adore, clémente Trinité
Et nous, renouvelés par la grâce,
Chantons un cantique nouveau. 

Ainsi soit-il.

Hymne des Laudes pour le temps du Carême.

lundi 11 mars 2013

Le sacrement du mariage




e tous les contrats, le mariage est le plus ancien, le plus saint et le plus respectable. Dieu même en est l'auteur ; il l'institua dans le paradis terrestre, lorsqu'après avoir créé Adam et Eve, il les bénit en leur disant : Croissez et multipliez et remplissez la terre. Alors Adam reçut des mains de Dieu sa compagne, en prononçant ces paroles pleines de joie, de reconnaissance et d'admiration : Voilà l'os de mes os et la chair de ma chair ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à son épouse. Sous les patriarches, le mariage continue d'être un contrat sacré et solennel ; témoin l'histoire d'Isaac et de Rébecca, de Jacob et de Rachel. Il en fut de même sous la loi de Moïse, nous en avons des exemples dans le mariage de Ruth et de Booz, de Sara avec Tobie.

     Sous la loi de Jésus-Christ, le mariage devait avoir un but plus noble et plus élevé, celui de donner à l'Église des enfants, au monde des chrétiens ; c'est pourquoi Notre-Seigneur voulut l'enrichir de grâces nouvelles en l'élevant à la dignité de sacrement. On définit ainsi le mariage : un sacrement, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui donne à ceux qui le reçoivent dignement la grâce de se sanctifier dans leur état, d'élever chrétiennement leurs enfants, et qui représente l'union de Jésus-Christ avec l'Église.

     Il n'est pas d'état dont les devoirs soient plus nombreux et plus importants que l'état de mariage. Les époux se doivent mutuellement fidélité, amour chaste, saint et constant. Si Dieu bénit leur alliance en leur donnant des enfants, de nouveaux devoirs leur sont imposés pour leur éducation, qui exige d'eux la douceur, la fermeté, la vigilance, la patience. Ils doivent regarder leurs enfants comme un dépôt sacré que Dieu lui-même leur a confié et dont il leur demandera compte, et travailler non-seulement à les rendre heureux selon le monde, mais à en faire des saints. Pour cette œuvre difficile la grâce du sacrement leur est nécessaire.

     Enfin, comme Jésus-Christ a quitté son Père pour s'unir à l'Église, ainsi l'homme quitte son père et sa mère pour s'unir à sa femme. Jésus-Christ est le chef de l'Église comme le mari est le chef de la famille ; Jésus-Christ dirige l'Église, Il la protège ; le mari doit être le protecteur de la femme et le rempart de sa famille ; Jésus-Christ aime tendrement l'Église, l'époux doit aimer en vérité son épouse ; Jésus-Christ meurt pour l'Église, l'époux donne sa vie pour son épouse.

     Pour participer aux grâces du sacrement de mariage il faut s'y préparer avec grand soin et avec une véritable pureté d'intention. La Providence, en nous mettant au monde, destine chacun à un état particulier. Si nous y entrons, des grâces spéciales nous y sont réservées ; si nous n'y entrons pas, ces grâces ne nous sont pas accordées ; de là la nécessité de rechercher consciencieusement notre vocation, de nous déterminer par des considérations droites et pures, sans nous laisser conduire par des motifs de vanité, d'ambition et de concupiscence : tant de mariages ont une mauvaise issue, parce qu'ils ont été contractés sous l'empire de vues trop humaines, quelquefois coupables, en dehors des vues chrétienne qui doivent dominer toutes les autres.




     Une autre condition non moins essentielle, c'est l'état de grâce, car le mariage est un sacrement des vivants. Il est triste de voir ceux qui doivent se marier n'approcher du tribunal de pénitence que pour la forme et pour obéir à une condition prescrite ; il commencent par faire une faute grave qui doit entraîner d'autres péchés ; ils offensent cruellement Dieu dont ils devraient mériter la bénédiction, et font tourner à leur condamnation un sacrement où ils auraient pu puiser la force dont la vie conjugale a tant besoin. Ce malheur n'est que trop fréquent, et la punition, même en ce monde, ne tarde pas à se faire sentir par les troubles du ménage et les mauvaise conduite d'enfants qui n'ont pas été placés sous l'égide de la religion.

     Le mariage doit être précédé de la publication des bans : le mot ban veut dire publication. L'Église veut qu'on annonce à tous ses enfants les futurs mariages : 1° afin que tous se mettent en prières pour attirer sur les nouveaux époux les bénédiction du Ciel ; 2° afin que le mariage se contracte sans empêchement. L'obligation de révéler les empêchements regarde tous ceux qui peuvent en avoir connaissance, sous peine de péché.

     Il y a deux sortes d'empêchements qui peuvent mettre obstacle au mariage : les uns le rendent nul ; on les appelle, pour cette raison, empêchement dirimants ; les autres n'annulent pas le mariage, mais font qu'on ne peut se marier dans péché : on les nomme empêchements prohibitifs.

     Les principaux empêchements dirimants sont ; l'erreur, quand Pierre épouse Catherine, son intention étant d'épouser Jeanne ; la violence, quand le consentement d'une des parties n'est pas libre mais extorqué par la force ; la clandestinité, le mariage pour être valide devant être fait en face de l'Église, en présence du curé ou de son représentant.

    Plusieurs des empêchements prohibitifs, ceux qui regardent l'époque de la célébration du mariage et les degrés de parenté, peuvent être levés par des dispenses motivées sur des raisons justes : l'Église a le droit incontestable, pour le bien de ses enfants, de faire particulièrement disparaître l'obstacle qu'elle avait mis d'une manière générale dans cette même intention.



     Si le sacrement de mariage est le principe sanctifiant de la famille et la source féconde de grâces attachées à la société conjugale, on comprend que le mépris de ce sacrement est pour la famille une cause de punitions et de maux. Plus la religion élève et purifie l'homme, plus aussi, en dehors de la loi sainte, l'homme s'avilit et se dégrade. On ne saurait donc s'affliger trop amèrement d'entendre dans notre siècle ces prétendus réformateurs, sous prétexte d'émanciper la femme que le christianisme seul a relevée, attaquer publiquement le mariage, et porter, par ces détestables doctrines, le trouble et la confusion dans la société. Le PACS, le divorce et demain peut-être l'assemblage civil de paires d'invertis sont les grands travaux dont ils se flattent... Il ont ruiné le mariage, qui ne pourra être restauré qu'en retrouvant sa forme religieuse originelle.

     Il est affligeant aussi de voir tant d'unions illégitimes (concubinage) ; ne portent-elles pas en elles-mêmes toutes les causes d'instabilité, d'inconstance et de tristesse ? sans la sanction religieuse, l'autorité de l'homme est une tyrannie insupportable ou bien elle est totalement ruinée, et la condition de la femme un esclavage ou alors une singerie  féministe égalitaire ; que deviennent les enfants dans ces déplorables conditions ? La loi chrétienne leur sera-t-elle enseignée par ceux qui ne les ont mis au monde qu'en foulant aux pieds l'une des grandes lois de notre sainte religion ? et seront-ils initiés à nos divins sacrements par un père et une mère qui n'ont témoigné que du mépris pour le sacrement de la paternité et de la maternité chrétiennes ? Hélas ! ils n'auront pas même droit à la bénédiction de leurs familles ; pour bénir ceux qui viennent après nous, il faut que Dieu nous ait bénis le premier.

    Ces réflexions s'appliquent à ceux mêmes qui ont contracté le mariage civil (valide entre deux personnes non baptisées) sans le mariage religieux. Le mariage civil exerce son action sur l'homme en tant qu'il est citoyen ; il règle son existence civile, il garantit ses droits politiques, il assure la propriété de ses biens temporels, mais l'homme époux et père a d'autres devoirs devant Dieu. Non seulement il est citoyen dans son pays, mais baptisé ; il a été fait en outre chrétien, enfant de Dieu et de l'Église ; il est soumis aux lois établis par Jésus-Christ, il ne peut les transgresser sans péché, et il est aussi coupable qu'aveugle quand il n'accomplit pas des devoirs qui sont en même temps pour lui des bienfaits.